Légende Harfang des Rêves

Mardi précédent le camp

  • Présentation du Harfang des Neiges (avec Raksha et Évan)
  • Atelier de fabrication des capteurs de rêves (Baloo et Phaô)
  • La légende du capteur de rêve

Vendredi soir du camp

Introduction de la légende

Mon grand-père, Eugène Chatel, était un trappeur, et chaque année, pour la fête des rois, il se rendait près d’ici, pour chasser. Il faisait chaque fois un arrêt chez le père Paradis, un vieux sage, qui lui apprenait toujours des choses surprenantes sur la nature (comment lire les différents signes, où trouver une source d’eau qui ne gèle pas l’hiver, reconnaître les signes d’une tempête plusieurs jours d’avance, etc.). Il semblait que son savoir sur la nature qui l’entourait était infini et, parfois, il parlait de choses qui s’étaient passées il y a plus de trois cent ans au Québec comme s’il l’avait vécu lui-même (c’était très étrange). Il avait réussi à apprivoiser un vieux loup solitaire qu’il avait comme seul compagnon. Il offrait aussi à mon grand père une sorte de bouillon très aromatique qui semblait rester chaud dans sa gourde toute la journée et lui recommandait toujours les meilleurs endroits pour établir son camp. Chose étrange, le père Paradis semblait inconnu des habitants de la région. Mais sa cabane était là chaque année pour mon grand-père, et au fil des années, il avait pris habitude de toujours s’y arrêter. 

C’est une de ces années qui lui arriva une chose incroyable : alors qu’il installa son camp pour la nuit au bord d’un petit lac près d’un ruisseau qui ne gèle pas l’hiver. Cette nuit-là, il fit si froid, que mon grand-père ne pu quitter le feu (qu’il maintenait à grand peine) pour dormir par crainte de mourir de froid dans son sommeil. Mais au fil des heures de la nuit, la température continua de chuter et il fit le fatal constat que cette nuit serait sa dernière. Retourner chez le père Paradis dans le noir n’était plus une solution, c’était fini et, résigné, il laissa le froid engourdir son corps et ses pensées. C’est alors qu’il fît le rêve le plus sublime de sa vie. Il vit apparaître près de lui un être splendide, mi-femme mi-Harfang des Neiges, il reconnût très bien les nobles traits de cet oiseau magnifique. N’eut été de la chaleur et de la lumière que cette présence magnifique lui apporta cette nuit là, il serait mort. 

À son retour (il hésita d’abord car il croyait passer pour un fou), il raconta son aventure et son rêve au père Paradis (en disant qu’il avait peut-être insisté un peu trop sur le scotch ce soir-là!). Ce dernier se mit à pleurer tel un enfant, une joie et une douleur se mêlaient dans ces larmes. Il s’habilla en toute hâte et parti à la course (en raquettes!). Il fallait voir le pauvre homme! Mon grand-père essaya de l’arrêter pour connaître pourquoi il était si perturbé par ce rêve, voulu savoir qui était cette femme qui lui était apparue et que le vieux sage, de toute évidence, connaissait la signification. Il dit simplement que c’était l’amour de sa vie et qu’elle lui avait probablement sauvé la vie cette nuit-là. Il s’excusa et expliqua qu’il avait que de très rares moments pour la voir et qu’il n’était peut-être pas trop tard pour qu’il puisse la retrouver. Et il partit en tout hâte. 

Mon grand-père retourna l’année suivante à la cabane du père Paradis. Cette femme-Harfang l’avait fasciné toute l’année et il brûlait d’en connaître les secrets que seul le père Paradis connaissait. Mais lorsqu’il arriva à la cabane, elle arborait tous les signes d’abandon. Il entra à l’intérieur et il y trouva simplement un vieux livre poussiéreux avec un papier jaunit maintenue en place par une roche. Sur le papier était écrit « Mon cher Eugène, si tu trouves cette note, c’est que ton rêve t’y aura guidé. Prend le fruit de mes recherches et trouve l’ingrédient manquant. Sers-toi de tes rêves, c’est eux qui te guideront vers la vérité. Je te quitte mon ami, tel un ours en attente du printemps, je me dois d’hiberner jusqu’à sa délivrance. Si tu le vois, salut mon loup pour moi.» 

Samedi 

  • Nous décrochons les capteurs de rêves et essayons de trouver la signification de nos rêves. 
  • Plusieurs d’entre nous aurons eu des rêves, un aura rêvé d’un homme perdu dans une tempête de neige, un autre sur un campement amérindien, une autre d’une fille pleurant de chagrin, et d’un vieil homme qui caresse un Harfang des Neiges. Quelqu’un a rêvé d’un oiseau qui boit une potion et se change en femme.
  • Baloo a fait un rêve qui s’est pousuivit toute la nuit et il semblait si réel. Mais il semble vouloir s’effacer… 
  • Le grimoire indique une potion magique. Nous décidons de la faire en après-midi. 
  • Ingrédient manquant : poil de Yéti : expédition en raquette pour aller chercher un Yéti (le plus courageux ira lui voler quelques poils - nous avons un costume de Yéti très réaliste mais nous y sommes allés en expédition de raquette vers le soir). 
  • Samedi après le souper, nous préparons la potion au feu avec tous les ingrédients (sang de la roche qui saigne, bave de crapaud, larme de licorne cristallisée, etc.). 
  • En buvant la potion, Baloo retrouve son rêve et le raconte :

Légende du samedi soir à la fleur rouge

François Paradis était un « coureur des bois », amoureux des grands espaces et de liberté. Lui et la belle Maria (la plus belle de tout le village), étaient tombés follement amoureux. Ils étaient jeunes, ils étaient beaux, ils étaient plein de rêves pour l’avenir. François était à Lachute et avait promis à Maria qu’il se rendrait chez elle pour les rois, pour leurs fiançailles. Or, une grande tempête se dessinait pour les rois et tous les amis du François essayèrent de le retenir. Mais il était téméraire, croyait connaître les bois comme nul autre et, surtout, il était fou amoureux de Maria et ne voulait qu’une chose : revoir son sourire dont il s’était tant ennuyé. La tempête eu lieue, et François n’arriva pas chez Maria pour les rois.  À la fin de la tempête, un des amis du jeune homme arriva chez Maria, tel un mauvais augure. Maria refusa d’en conclure que François était mort, pétrifié par le froid et enseveli par la neige. Elle même se disait connaître la forêt comme personne et décida de le retrouver. S’il était mort gelé, elle voulait connaître le même sort. Elle partit en secret, au petit matin. Elle marcha la forêt durant toute une journée et dormit très mal le soir. Bien que François lui ait montré plusieurs trucs pour dormir dehors en hiver, c’était la première fois qu’elle le faisait. Et son cœur était si lourd et si malheureux, elle souffrit de froid toute la nuit. Le lendemain elle ne réussit pas vraiment à se réchauffer. Malheureusement, la nuit suivante fût l’une des plus froides de tout l’hiver. Il faisait si froid que Maria entendit, le soir venu, les arbres éclater de froid. Elle établie son camp cette nuit, fit un feu, mais sus très bien que cette nuit serait sa dernière. Elle ferma les yeux en pensant à François, elle ne voulait pas quitter la forêt sans l’avoir trouvé. Alors qu’elle se sentit tomber dans l’engourdissement mortel du froid, elle sentit les ailes d’un Harfang des Neiges tenter de la soulever du sommeil des morts et la conduire vers l’au-delà, mais elle le retint. Elle ne voulait pas quitter la forêt sans avoir retrouvé François à côté de qui elle voulait mourir. L’oiseau qui vint chercher les âmes cette nuit là dans le froid et la neige des hivers québécois était un Harfang des Neiges. Comme au moment de prendre son âme et la guider vers le paradis, la jeune fille se mit à ce débattre, le noble oiseau et elle se fondirent en un seul être. 

Le lendemain de cette nuit, François, qui avait été sauvé par des amis amérindiens qu’il connaissait, arriva chez Maria. Lorsqu’il sut qu’elle était partie à sa recherche, il décida de marcher la forêt lui aussi tant qu’il ne la retrouverait pas. Il marcha jusqu’au tout début du printemps lorsque les eaux des rivières est des lacs dégèles timidement. Chose curieuse, un bel Harfang des Neiges le suivait constamment. Un beau soir, il établi son camp près d’un ruisseau en dégel juste avant qu’il se jette dans le lac. C’était le plus bel endroit de la forêt. Alors que son feu diminuait et que seules quelques braises restèrent, il pris la décision de rejoindre Maria qu’il n’avait pu trouver. Le Lac était encore gelé au centre mais le ruisseau se jetait dans le lac et y laissait un espace déglacé. Il enleva ses vêtements et entra dans l’eau glaciale. Il voulait glisser sous la glace et mourir en ce lieu, en pensant à Maria qu’il allait ainsi rejoindre. Juste avant de plonger dans l’eau glacé, il entendit le cri de son bel Harfang. Il vit le bel oiseau sur la rive se transformer en une sublime créature, mi femme, mi oiseau et il compris tout de suite. C’était sa Maria. Elle ne pouvait parler, mais il devina toute son histoire. 

Tels un ange protecteur, Maria et le Harfang qui vit en elle apparaissent à tous ceux qui sont perdus dans le froids des hivers québécois. 

Depuis, François vit dans sa cabane et n’a plus jamais quitter cet endroit de la forêt. Il se contentait des rares fois où il pouvait passer une nuit ensemble lorsque les astres le permettaient. Mais il est devenu vieux et elle est toujours si jeune est si belle. Il a passé sa vie à tenter de libérer Maria, mais alors qu’il ne lui manquait qu’un seul ingrédient à une potion qu’il croyait pourrait lui rendre sa Maria, il devait se protéger et rester en vie, lutter contre le temps qui l’enlevait tranquillement au monde de Maria. C’est alors que mon grand-père a été sauvé par Maria et que François lui a confié son grimoire.  Mon grand-père et mon père après lui ont tenté de faire cette potion et c’est nous qui l’avons complétée!! Grâce à la potion que nous lui avons donnée, elle peut retrouver sa forme et son amour, François, qui a habité avec elle trois cent ans dans cette forêt magique, où le temps ne s’écoule pas comme dans notre monde et où elle ne pouvait prendre une forme humaine que certains soirs, lors que Jupiter croise Vénus. 

Dimanche 

  • Le dimanche matin, nous apercevons le Harfang des Neiges (marionnette assez réaliste – on dit aux louveteaux de rester à l’intérieur pour ne pas affoler de Harfang). Baloo s’approche pour lui donner la potion et prendre une photo. Il prend la potion et disparaît.  
  • Alors que les louveteaux sont à l’extérieur, le Harfang s’est transformé en femme-Harfang (une des louveteaux en manteau blanc et le visage camouflé d’un masque de plumes blanches). La femme Harfang nous fait signe de la suivre et s’enfonce dans les bois. 
  • Nous la suivons. Elle nous conduit sur un lit de glace, où est couché un homme. Elle se penche sur lui et il s’éveil lentement : c’était François! Ils sont de nouveau réunis. 
  • Nous les laissons à leurs retrouvailles et rentrons en discutant de l’amour et de nos accomplissements !